Comment ne pas te prendre les pieds dans le tapis malgré un pari stupide avec des amis ?

La course à pied est souvent faite de défis personnels.

J’ai d’ailleurs mis mon premier dossard sur un 10 kms après un pari avec un ami.

Ce genre de paris permet d’entretenir la motivation.

Et parfois de faire le grand saut…

Par contre, il y a des paris plus « stupides » que d’autres…

Qui mine de rien, ne va pas dans le bon sens et installe de mauvais réflexes.

Si tu n’y prends pas garde, tu es certain de te planter…

(Par stupide, j’entends juste qu’il va être compliqué de le réaliser sans mettre son intégrité physique en danger…

Ou que la personne est vraiment trop loin du niveau qu’elle veut atteindre à un instant T que c’est irréaliste…)

C’est un cas de figure que nous allons voir aujourd’hui.

Et tu pourras me répondre par email pour me donner ton avis.

Tu seras le juge de paix 🙂

J’ai donc reçu une question d’une lectrice.

Ceci est son message :

« Bonjour

Je vous écris ce message, car je vois lis depuis un moment et ce que vous dites me paraît réel et très étudié…

Vous avez l’air de bien savoir de quoi vous parlez….

J’ai une question à vous poser :

Je cours depuis quelques mois.

J’ai fait le semi-marathon NICE Cannes en novembre 2018
Temps : 2 h 20 avec un entraînement de 3 mois.

J’ai fait les 21 km sans beaucoup d’effort sauf le dernier km…

Courses chronométrées :
10 km avril 2019 1 h 8 promenade des Anglais.
10 km mai 2019 1 h 5 ronde des plages Menton.

Sans aucun entraînement depuis décembre.

Dernière VMA Mai 2019 à 9,5.

Je mesure 164 cm et 57 kg.

J’ai pris 5 kg depuis le semi-marathon.

Je n’ai aucun passif sportif.

J’ai fait un pari avec des amis marathoniens qu’avec la motivation, la discipline d’un miliaire, une perte de poids et l’entraînement adapté sur mesure je peux faire le marathon en moins de 4 h..

La question est : est-ce que ça vous semble faisable et réaliste ?

En vous remerciant pour votre réponse

Cordialement

Georgeta »

L’étude de cas

Avant de donner mon avis sur la question, j’aimerais pointer quelques erreurs dans la gestion de la course à pied par Georgeta.

Des erreurs qu’elles pourraient éviter si elle lisait nos guides running, notamment le pack Runner & Trailer.

Des erreurs qui vont finir par lui brûler les ailes…

Commençons donc :

– Participer à un semi-marathon juste après quelques mois de course à pied.

La progression est trop rapide. Ton corps n’a pas eu le temps de se forger une carapace assez solide pour courir 21 kilomètres d’un coup.

Tes muscles ne sont pas assez prêts. Pas plus que tes os et tendons.

La course à pied n’est pas un sport anodin, même si elle est pratiquée par de plus en plus de personnes.

Les impacts au sol y sont nombreux.

C’est un point ultra important que l’on aborde d’ailleurs dans un de nos guides.

On ne peut pas débarquer dans la course à pied sur route en se disant dans trois mois, je fais un marathon. Ça ne marche pas comme ça.

Il faut y aller progressivement, monter progressivement en distance. Tu montes du 10 km au semi, du semi au marathon.

Le but du jeu est de faire de la course à pied le plus longtemps possible dans sa vie.

Mais pas de faire un an de course à pied et d’être dégoûté parce qu’on est blessé, fatigué, on n’a pas envie de courir.

Et du coup, tu vois certainement où je vais en venir pour le marathon de Georgeta.

Le faire dans quelques mois, c’est se planter assurément.
(Mais j’y reviens à la fin, avec quelques pistes pour trouver la meilleure solution)

– Des entrainements dignes d’un intermittent du spectacle qui cumule les petits boulots et de longue période de chômage…

Si tu veux progresser durablement, c’est comme pour toute chose de la vie, il faut répéter.

Courir 2 mois, puis arrêter plusieurs semaines, et reprendre, ce n’est pas l’idéal.

Pour une simple raison.

Laquelle ?

Faire l’intermittent t’empêche de progresser.
Couper plusieurs semaines fera que tous les entrainements que tu as faits avant ne servent à rien.

Car si ton corps apprend vite, ça marche aussi dans l’autre sens.

Un arrêt d’activité sportive entraine une baisse de la masse musculaire et de la densité osseuse.

Sans oublier le cardio.

Il faut tout reprendre à zéro.

Vouloir reproduire les performances d’y a quelques années alors que l’on n’a pratiquement pas couru est utopique.

– La discipline d’un militaire me fait tilté…

La course à pied, c’est avant tout du plaisir.

Même lorsqu’on a des objectifs élevés.

Les champions comme Kilian Jornet ou d’autres le disent régulièrement : ils aiment courir.

Pour eux, c’est leur quotidien.

Et ils ne le vivent pas comme un enfer quand ils partent pour un entrainement de plusieurs heures.

C’est comme cette notion absurde du « no pain, no gain ».

Oui, parfois il faut forcer, se faire mal à l’entrainement.

Mais jamais jusqu’à ça ne devienne la norme.

Que tu y perdes du plaisir.

Que ta passion pour la course à pied s’éteigne doucement pour mourir à petit feu…

La discipline d’un militaire me gène…

Prendre au sérieux ta préparation et tes entrainements, oui, mais sans aller jusqu’à l’extrême.

Trouver le juste milieu te garantit de courir pendant de longues années encore.

Oublier ce point et tu vas vite désenchanter.

Maintenant, je vais te donner mon avis d’entraineur sur le pari lancé à Georgeta.

C’est réalisable à plusieurs conditions :

Se forger un foncier digne de ce nom.

Travailler son endurance et habituer son corps à courir chaque semaine.

S’habituer à courir trois fois par semaine.

C’est le minimum quand on veut participer à un marathon.

Donc, pour Georgeta, il faudra qu’elle ait plusieurs mois de pratique à 3 séances par semaine avant même d’envisager de se lancer dans la préparation d’un marathon.

Gagner de l’expérience sur les formats plus courts.

Participer à d’autres 10 kms pour commencer, puis quelques semis est un bon chemin.

Et attention, quand je dis participer, c’est aussi suivre une préparation avec un plan d’entrainement adéquat.

6 à 8 semaines pour un 10 kms.
8 à 12 pour un semi.

De plus, avec les plans d’entrainement, elle va progressivement s’habituer à des entrainements mêlant toutes les intensités et allures du coureur.

Indispensable et nécessaire quand on veut progresser.

Pour Georgeta, je dis oui pour un marathon, mais pas avant 10 à 12 mois.

Avant ?

Tout est possible bien sûr.

Mais vouloir aller trop vite la mettra en danger.

Surtout sur le plan physique et les risques de blessures seront trop forts.

Et il y a plus urgent pour Georgeta !

Très urgent même.

Tu es peut-être dans ce cas aussi.

Tu veux monter sur des distances supérieures.

Ou tu veux progresser rapidement.

Sans forcément respecter les étapes importantes du développement du coureur.

Tu n’en as peut-être pas conscience comme Georgeta.

Pourtant, le B-A-B-A pour t’éviter les déboires des 70 % des coureurs qui se blessent (étude américaine) te serait utile.

Pour comprendre ce qui fait que certains réussissent là où beaucoup échouent…

Et tu n’as pas probablement assez de temps pour te lancer dans une recherche de plusieurs journées pour les répertorier.

Puis les classer par thème ou ordre d’importance.

C’est pour ça qu’existe le pack Runner & Trailer.

Il regroupe l’essentiel de ce que doit savoir sur la course à pied.

Ces guides running sont disponibles en cliquant ci-dessous :

Télécharger les guides running Maintenant…

Bon run

Jean-Marc, Coureur, Entraineur, Auteur

Nota : tu peux aussi recevoir 1 guide GRATUIT avec 1 conseil par jour en cliquant sur l’image ci-dessous : (mais ta progression sera beaucoup moins rapide qu’avec le pack Runner & Trailer que je te propose ci-dessus)